Nutrition Préventive - Isio 4

Nutriments Acides gras Définition, besoins et consommations

Acides gras

Définition, besoins et consommations

Ces molécules appartiennent à la grande famille des lipides, ou matières grasses.

 
 

Définition
 

1. Les acides gras saturés (AGS)
  

figure1-acides-gras-satures

Figure 1 : Acide stéarique

   
 

2. Les acides gras monoinsaturés (AGMI)

  
 

figure2-acides-gras-monoinsatures

Figure 2 : Acide oléique

  

 3. Les acides gras polyinsaturés (AGPI)
  

figure3-acides-gras-polyinsatures

Figure 3 Acide linoléique

 
 

  Caractéristiques de structures Comportement Rôle
Acides gras saturés aucune double liaison solides à température ambiante - stockage d’énergie et structure de la membrane cellulaire.
 - contribution à l‘établissement de zones rigides des membranes qui sont nécessaires aux activités des enzymes
Acides gras monoinsaturés une seule double liaison tendent à être mous à température ambiante (gras de porc, huile d’olive, avocat ..) - constituant des lipides de réserve (tissu adipeux) N.B : le représentant est l’oméga 9 appelé acide oléique car majoritaire dans l’huile d’olive.
Acides gras polyinsaturés plusieurs doubles liaisons tendent à être fluides à température ambiante - perméabilité, composants des membranes. Ils modulent la fluidité et l‘activité des protéines des membranes.
 - catégorie comprenant les acides gras dits essentiels : oméga 3 et oméga 6.

Tableau 1 : ANSES. Actualisation des apports nutritionnels conseillés pour les acides gras. Rapport d’expertise collective. Édition scientifique; mai 2011.

 
 

Recommandations et réalités de consommations

  

Les recommandations de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) sont de consommer 35 à 40 % de l’AET (Apport Energétique Total) en lipides, soit environ 80 g de lipides pour un apport journalier de 2000kcal. (voir tableau 2) Parce que les individus n’ont pas tous les mêmes besoins, l’ANSES a prévu des recommandations spécifiques pour les apports en AGPI par catégories d’âge (nourrissons, enfants, adolescents et personnes âgées) et par cas particuliers (femmes enceintes et allaitantes). (voir articles Oméga 3 et Oméga 6)

 

  

Apports moyens quotidiens Adultes ANC (Apports nutritionnels conseillés)
Lipides totaux 34 % 35-40 %
Oméga 3
 Acide alpha-linolénique (ALA)
0,5 % 1 %
Oméga 3
 Acide docosahexaenoïque (DHA)
169 mg 250 mg
Oméga 3
 Acide eicosapentaénoïque (EPA)
117 mg 250 mg
Oméga 6 Acide linoléique (LA) 3,2 % 4 %
Oméga 9 Acide oléique 9,8 % 15-20 %
AGS Totaux 14,4 % ≤12 %

Tableau 2 : Le profil moyen d’apports en acides gras (AG) chez l’adulte issu de l’analyse des données INCA 3 par ONIDOL

  

  

Réalités de consommation au niveau quantitatif

  

D’après une récente étude menée par l’interprofession des oléagineux (ONIDOL(5)), les Français ne semblent pas consommer trop de lipides (voir tableau 2). Leur consommation moyenne est, en effet, de 34% et se situe donc juste en-dessous de la fourchette des valeurs recommandées. Néanmoins, il existe des déséquilibres de consommation puisque plus d’1 Français sur 3 dépassent les 40% des ANC (Apports Nutritionnels Conseillés) en lipides. 
 

Réalités de consommation au niveau qualitatif

  

Cette même étude montre aussi que la consommation en acides gras au sein même de cette consommation moyenne en lipides totaux est déséquilibrée pour la plupart des Français :

  • Les acides gras saturés et notamment ceux dits athérogènes (acides laurique, myristique et palmitique) sont consommés en excès par 8 Français sur 10.
  • Les acides gras essentiels de la famille des oméga 3 et de la famille des oméga 6 sont quant à eux sous-consommés. En effet, 9 personnes sur 10 ne consomment pas assez d’oméga 3 : seul 1,2 % des personnes atteignent le niveau de l’apport nutritionnel conseillé (ANC) en acides gras oméga 3 acide alpha –linolénique (ALA) et la moitié des Français consomment moins de la moitié des ANC. Ce déficit concerne également le DHA et l’EPA. De plus, même si l’apport moyen en acide linoléique, représentant principal de la famille des oméga 6, est proche des ANC, 1 adulte sur 2 ne consomme pas assez d’oméga 6.
  • Par ailleurs, le déficit en oméga 3 est tel que le rapport entre ces 2 acides gras essentiels est trop élevé. L’apport moyen en AGPI oméga 3 étant deux fois inférieur aux ANC (voir tableau 2), le rapport oméga 6/oméga 3 est de 9,6. Ainsi, 3 adultes sur 4 ont un rapport supérieur à 4, limite maximale recommandée par l’ANSES.
  • Enfin, 90 % des Français ont un apport en AGMI (de la famille des oméga 9) inférieur à l’ANC.

  

Références   

(1) Les molécules du vivant: dossier d'autoformation. Chapitre 1 : Classification des lipides. Edition Educagri ; juin 2005.

(2) Crawford MA.  The role of essential fatty acid in neural development : implications for perinatal nutrition. Am J Clin Nutr 1993 : 57 (suppl) : 703S-10S.

(3) Patrick L. et al. Biologie et pathologie du coeur et des vaisseaux. John Libbey Eurotext, 3 avr. 2008 - 677 pages

(4) ANSES. Actualisation des apports nutritionnels conseillés pour les acides gras. Rapport d’expertise collective. Édition scientifique ; mai 2011. *Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail

(5)  Analyse des apports nutritionnels en acides gras de la population Française à partir des données INCA 3 et de la Table Ciqual-2016, ONIDOL, Phasme Consulting, (Afssa. Étude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 3 (INCA 3) 2014-2015. Rapport Juin 2017)

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