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Nutriments Oméga 3 Oméga 3 (ALA, EPA et DHA) : définition, besoins et recommandations

Oméga 3

Oméga 3 (ALA, EPA et DHA) : définition, besoins et recommandations

Définition

 

Les oméga 3

Les oméga 3 sont des acides gras polyinsaturés (AGPI) définis par la position de la première double liaison à 3 carbones du groupement méthyle. Le précurseur de la famille des oméga 3 est l’acide alpha linolénique (ALA). Il s’agit d’un acide gras essentiel car il ne peut pas être synthétisé par l’organisme et les besoins physiologiques doivent donc être couverts par l’alimentation (1).  L’ALA est à l’origine de nombreux AGPI longue chaine de la famille des oméga 3, dont l’acide docosahexaénoique (DHA) et l’acide éicosapentaénoïque (EPA) (Figure 1).

 

 

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Figure 1 : La conversion de l’ALA en EPA et DHA (2)

 

EPA et DHA (3)

La conversion de ALA en EPA et DHA est limitée par plusieurs facteurs:

  • La synthèse d’AGPI-LC à partir de l’ALA diminue au fur et à mesure du cycle de conversion (figure 1). La synthèse d’EPA et plus encore de DHA est donc limitée.
  • Le taux d’acide linoléique (LA), précurseur de la famille des oméga 6, agit également sur la synthèse d’EPA. En effet, ALA et LA utilisent les mêmes enzymes et sont en compétition pour la synthèse des acides gras dérivés.
  • Les conversions sont influencées par le sexe, l’âge, l’état endocrino-métabolique, le statut physiologique et le régime suivi.

Néanmoins L’EPA et le DHA peuvent également être d’origine exogène car il se trouve à l’état naturel dans les poissons et les algues.

  

Les recommandations

 

Pour les adultes (4)

Depuis la reconnaissance du caractère indispensable de certains acides gras de la famille des oméga 3, les recommandations ont évolué à la hausse. Les apports nutritionnels conseillés (ANC) ont été redéfinis en 2011 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) (4).

Le besoin physiologique minimal en ALA est estimé à 0,8 % de l’apport énergétique (AE) soit 1,8g/jour pour un apport de 2000kcal/jour.  Les ANC, quant à eux, sont fixés à 1% de l’AE soit 2,2g/jour.

Les nouvelles informations concernant la faible conversion de l’ALA en DHA ont permis de fixer des nouvelles recommandations plus élevées concernant les apports en DHA. Le besoin  physiologique minimal en DHA a ainsi été estimé à 250 mg/jour pour un adulte. Concernant l’EPA, l’ANSES a défini des ANC de 250 mg/jour sur la base de données de prévention et par soustraction à partir des ANC fixés pour la somme DHA+EPA de 500 mg/jour.

 

Pour les femmes enceintes ou allaitantes (4)

La grossesse et l’allaitement nécessitent un apport énergétique supérieur à l’apport classique pour un adulte (2050 kcal pour les femmes enceintes et 2250 kcal pour les femmes allaitantes). Pour cette raison, les apports alimentaires en ALA doivent être augmentés pour les femmes enceintes ou allaitantes. Les ANC en ALA s’inspirent de ceux des adultes et sont donc estimés à 1% de l’AE soit 2,3g/jour pour la femme enceinte et 2,5g/jour pour la femme allaitante. De même, les ANC en DHA et en DHA+EPA sont identiques à ceux des adultes : 250 mg/j pour le DHA et 500 mg/j pour EPA+DHA.

 

Pour les enfants (4)

L’ANSES a fixé des ANC par catégorie d’âge comme résumé dans le tableau 1.

 

  ALA DHA EPA+DHA

Nouveaux-nés

(0-6 mois)

0,45 % AE 0,32 % des acides gras totaux EPA< DHA

Nourrissons

(6 mois à 1 an)

0,45 % AE 70 mg Non déterminé*

Enfants en bas âge

(1-3 ans)

0,45 % AE 70 mg Non déterminé*

Enfants

( 3 - 9 ans)

1,0 % AE 125 mg 250 mg

Adolescents

(10-18 ans)

1,0 % AE 250mg 500 mg

Tableau 1 : Apports nutritionnels conseillés en oméga 3 pour les enfants

  

*Il n’existe pas de données permettant d’établir des besoins pour l’EPA et pour l’EPA+DHA

  

Les apports alimentaires (5)

 

Les apports alimentaires en oméga 3 varient d’un pays à l’autre :

  • Selon différentes études, les apports moyens en ALA observés chez les adultes dans certains pays d’Europe se situent entre 0,7 g/j et 2,5 g/j (5). La France est un des pays pour lequel les apports alimentaires sont les plus faibles. Ils se situent autour de 0,7 g/j pour les femmes et 0,9 g/j pour les hommes (soit environ 0,37 % de l’AE) (5). Ces apports sont très inférieurs aux apports nutritionnels conseillés de 0,8% de l’AE. Ces données date de 2009 et une actualisation est attendue du fait de l’étude INCA 2 et du CIQUAL 2.

 

  • Les apports en EPA + DHA chez les adultes dans différents pays d’Europe varient de 80mg /jour à 420 mg /jour. Ils sont donc également inférieurs aux recommandations de 500 mg/jour. En France, les apports sont de 350 mg /jour pour les femmes et 420 mg/jour pour les hommes (soit 0,17% de l’AE en moyenne) (5).

Globalement, les apports alimentaires en oméga 3 sont insuffisants et une augmentation de la consommation d’aliments riches en oméga 3 est nécessaire. Le tableau des sources en oméga 3

 

Références

 

(1) Dallongeville J et al. Acides gras oméga-3 et risque cardiovasculaire. OCL Vol. 17, N°4, Juillet-août 2010
(2)Georgia Lenihan-Geels et al. Alternative Sources of Omega-3 Fats: Can We Find a Sustainable Substitute for Fish? Nutrients 2013, 5, 1301-1315
(3) Petra LL Goyens, Mary E Spilker, Peter L Zock, Martijn B Katan and Ronald P Mensink Conversion of α-linolenic acid in humans is influenced by the absolute amounts of α-linolenic acid and linoleic acid in the diet and not by their ratio. Am J Clin Nutr July 2006 vol. 84 no. 1 44-53
(4) l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (ANSES). Saisine n° 2006-SA-0359, ANC AG ; mai 2011
(5) EFSA. Scientific opinion - Labelling reference intake values for n-3 and n-6 polyunsaturated fatty acids. The EFSA Journal 1176, 1-11, 2009

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