Nutrition Préventive - Isio 4

Nutriments Oméga 3 Le point sur le rapport Oméga 6 / Oméga 3

Oméga 3

Le point sur le rapport Oméga 6 / Oméga 3

On sait aujourd'hui l'importance que revêt le rapport oméga 6 / oméga 3. Le point avec le Pr Michel Lagarde, Biochimiste (Lyon), spécialiste des acides gras, qui a bien voulu répondre à nos questions.

 

La plupart des études portent sur les effets d'une ingestion plus ou moins importante d'oméga 3 ou d'oméga 6. L'intérêt pour le rapport oméga 6 / oméga 3 est-il une donnée plus récente ?

 
Effectivement, l'intérêt pour le rapport oméga 6 / oméga 3 est une notion assez récente. Jusqu'ici, les études portaient sur les effets d'apports plus ou moins riches, en valeur absolue, en acides gras polyinsaturés (AGPI) des familles oméga 6 et oméga 3. Le niveau des apports en oméga 6 et oméga 3 a certes des intérêts cliniques, cependant, je pense qu'il est tout aussi important de s'intéresser au ratio d'apports entre ces deux familles, dans la mesure où cela correspond à une réalité métabolique.

 
Pourquoi le respect de ce rapport dans l'alimentation est-il important ?

 
D'un point de vue biochimique, un bon équilibre entre les acides gras oméga 6 et oméga 3 est essentiel. En effet, les chaînes métaboliques assurant la transformation des oméga 6 et oméga 3 en acides gras à chaînes longues utilisent des enzymes communes. Ainsi, il existe une compétition entre la synthèse de l'acide arachidonique (AA), produit à partir des oméga 6, et celle de l'acide éicosapentaénoïque (EPA) et de l’acide docosahexaénoique (DHA), produits à partir des oméga 3. Un déséquilibre d'apport en faveur des oméga 6, comme c'est actuellement le cas en France, oriente donc mécaniquement le métabolisme vers l'acide arachidonique, plutôt pro-inflammatoire et pro-agrégant.

 
Qu'appelle-t-on exactement rapport oméga 6 /  oméga 3 ?

 
Si l'on veut être rigoureux, il faut englober dans ce calcul tous les membres des familles oméga 6 et oméga 3. C'est-à-dire aussi bien les précurseurs : acide linoléique pour les oméga 6 et acide alpha-linolénique pour les oméga 3, que les dérivés à longue chaîne : AA, EPA et DHA, sachant qu'il existe d'autres composés intermédiaires (acide gamma-linoléique, par exemple) qui commencent à intéresser certaines équipes de recherche et qui pourraient entrer aussi dans ce calcul. En effet, concernant les oméga 6, l'apport d'AA n'est pas négligeable, surtout chez les gros consommateurs de viande. Mais cela est un peu compliqué car la biodisponibilité des AGPI des produits carnés est différente de celle des AGPI des huiles, par exemple. De la même façon, du côté des oméga 3, l'ingestion des dérivés à longue chaîne (EPA et DHA) peut ne pas être négligeable, surtout depuis l'engouement de certains consommateurs pour les produits d'origine marine. Toutefois, les Apports Nutritionnels Conseillés (1) recommandent un apport quotidien en AGPI à longue chaine de 500 mg/J dont 250 mg/j de DHA.

 
En pratique, le calcul de ce rapport n'est pas si simple...

 
Le calcul n'est pas simple pour les raisons que nous venons d'évoquer.
En outre, quelles que soient les valeurs prises en compte pour le calcul du rapport, l'estimation des apports journaliers en acides gras reste imprécise du fait notamment de la pauvreté des tables nutritionnelles existantes. 

 
Sources : L’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (ANSES). Saisine n° 2006-SA-0359, ANC AG ; mai 2011.

AUTRE(S) ARTICLE(S) SUR LA MÊME THÉMATIQUE