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Nutriments Oméga 6 AGPI : encore peu d'études sur l'os

Oméga 6

AGPI : encore peu d'études sur l'os

L'alimentation joue un rôle essentiel dans le risque de survenue des maladies chroniques. Le point sur l'influence du rapport oméga 6 / oméga 3 sur les os.

 

Des études observationnelles et interventionnelles ont montré que des apports élevés en oméga 3 pourraient réduire le risque de présenter de nombreuses pathologies (coronaropathie, hypertension, diabète de type 2, polyarthrite rhumatoïde, maladies auto-immunes, cancer). A contrario, d'autres études ont montré qu'un régime trop riche en oméga 6 créait un contexte inflammatoire de nature à majorer ce risque. Quels sont leurs effets sur l'os ?

 

La Rancho Bernardo Study (1) avait pour but de mettre en évidence une éventuelle association entre la valeur du rapport oméga 6/oméga 3 et la DMO  chez des sujets de plus de 45 ans. Les sujets ayant participé à cette étude (1 532 sujets, dont 58 % de femmes) appartenaient à une cohorte suivie entre 1988 et 1992 pour une étude sur l'ostéoporose. Parmi toutes les données recueillies pendant cette période, la DMO ainsi que l'analyse des apports alimentaires (à partir d'un auto-questionnaire alimentaire) ont été analysées de nouveau. L'association a été évaluée par régression multiple. Les modèles ont été ajustés pour les facteurs ostéoporotiques habituels (âge, sexe, IMC, apport calcique, exercice physique, consommation de tabac et /ou d'alcool ainsi que la prise de thiazides et/ou d'hormones thyroïdiennes).

 

Dans cette cohorte, un rapport oméga 6 / oméga 3 plus élevé était significativement associé à une DMO plus faible. Parmi les différents résultats, l'association la plus forte a été observée en ne prenant en compte que le rapport acide linoléique (oméga 6)/ acide alpha-linolénique (oméga 3). Dans ce cas, un rapport élevé était associé à une DMO basse, chez l'homme comme chez la femme, et ce, sans distinction par rapport à la présence d'un traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS).
Ces associations étaient indépendantes des autres variables ayant un impact sur l'os, comme l'âge, le mode de vie ou encore la présence d'un traitement. Le rapport oméga 6/oméga 3 était de 8,4 chez les hommes et de 7,9 chez les femmes.

 
En conclusion, les acides gras poly-insaturés semblent être des facteurs de risque d'ostéoporose modifiables. Les experts suggèrent que deux phénomènes concomitants doivent changer pour diminuer le risque : l'augmentation de la consommation des aliments sources d'oméga 3 et la diminution des apports en oméga 6. Des essais cliniques randomisés restent cependant nécessaires pour tester les effets des acides gras sur l'os. Mais si la supplémentation en acides gras poly-insaturés (Oméga 3) était efficace sur l'ostéoporose, cela pourrait constituer un moyen de prévention sûr et bon marché.

 

Référence :

 

(1) LA Weiss, E Barrett-Connor et D von Mühlen. Ratio of n-6 to n-3 fatty acids and bone mineral density in older adults: the Rancho Bernardo Study. Am J Clin Nutr. 2005 ; 81(4) : 934-8. Medline : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=15817874&query_hl=1 

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