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Nutriments Vitamine D Vitamine D : apports réels et apports recommandés

Vitamine D

Vitamine D : apports réels et apports recommandés

Essentielle à plusieurs titres, la vitamine D n’est pourtant pas consommée en quantité suffisante, en particulier dans les régions les moins ensoleillées. Etat des lieux de la réalité de la consommation.

  

Quelles sont les doses nécessaires à tous les âges de la vie?

  

Selon l’EFSA, l’apport adéquat en vitamine D est 15 µg/jour pour les personnes en bonne santé à partir d’un an, y compris les femmes enceintes et allaitantes. L’apport conseillé pour les nourrissons de 7 à 11 mois est de 10 µg/jour.(1)   

 

En pratique, 1/3 des besoins en vitamine D doit être couvert par l'alimentation. Le tableau des Sources de vitamine D

 

En France, l’apport moyen de vitamine D par l’alimentation est de 6 µg/jour pour un enfant de 0 à 10 ans, 2,9 µg/jour pour un adolescent de 11 à 17 ans et 3,1 µg/jour pour un adulte(1).

 

80% de la population française présente un déficit en vitamine D(2,3). 

 
Fréquence des déficiences 

 
Quel que soit ce seuil de normalité adopté pour le taux de 25(OH)D - 20, 30 ou 40 ng/ml (50, 75 ou 100 nmol/l), l’insuffisance en vitamine D est extrêmement répandue en France et dans le Monde(4). Un apport alimentaire suffisant en vitamine D est obligatoire dans les pays où l'ensoleillement est faible, surtout chez l'enfant pendant les 2 ou 3 premières années de la vie.

  

Cependant, le statut vitaminique de la population n’est pas toujours concordant avec le niveau d’ensoleillement, bien d’autres facteurs interviennent. La couleur de la peau, les habitudes vestimentaires, les activités de plein air, l’utilisation de crèmes solaires, les habitudes alimentaires, l’âge, le sexe ou l’indice de masse corporelle, peuvent influencer le statut vitaminique d’une personne.

  

L’Etude Nationale Nutrition Santé(3) a permis, sur un grand groupe de volontaires (hommes et femmes de 18 à 75 ans), d’évaluer le pourcentage de personnes ayant une concentration sérique en vitamine D en dessous du seuil de référence. Dans les régions où l’ensoleillement est le plus fort (Sud-Est), la proportion de personnes ayant une concentration en vitamine D était de 64,1%, tandis qu’elle était de 82,2% dans les départements du Nord de la France.
D’après le rapport INCA 2 du Crédoc, les hommes et femmes, de 18 à 79 ans, ont un apport moyen respectif en vitamine D de 2,7 et 2,4 µg/j. De même que les garçons et filles, de 3 à 17 ans, ont un apport moyen respectif en vitamine D de 2 et 1,7 µg/j.

  

Comment améliorer le statut vitaminique de la population ?

  

A l’échelon de l’individu :
Face à un patient donné, la question est de savoir si un dosage de la 25(OH)D est justifié et s’il y a lieu de prescrire une supplémentation médicamenteuse. Selon le Dr Souberbielle(5) les enfants et les adolescents, les personnes âgées en institution, les personnes de plus de 65 ans, les sujets à la peau foncée ou ne s’exposant pas au soleil peuvent bénéficier d’une supplémentation systématique (sans dosage préalable). En revanche, dans certaines situations pathologiques comme l’ostéoporose, l’insuffisance rénale, l’hyperparathyroïdie, un dosage de la 25(OH)D sérique peut être utile pour adapter le traitement et juger de son effet.

  

A l’échelle d’une population :
Les études présentées précédemment montrent l’intérêt d’un statut adéquat en vitamine D sur le métabolisme osseux. Elles montrent aussi que ces bénéfices s’expriment pour des taux sériques de 25(OH)D supérieurs aux taux autrefois considérés comme acceptables, relevant ainsi le seuil de l’insuffisance. De tels taux ne peuvent être obtenus avec les apports nutritionnels conseillés actuels. Or ces ANC jugés trop bas par la plupart des scientifiques sont de toutes les façons rarement atteints par la majorité de la population en Europe.

  

Dès lors, comment améliorer le statut vitaminique D de la population (en toute sécurité) ?

  • Par une meilleure information : une information large et actualisée des médecins et des professionnels de santé, attirant leur attention sur les risques d’une insuffisance et les moyens d’y remédier, concourt à une prise en charge optimale des patients, incluant des conseils nutritionnels et d’exposition adéquats. De même, la sensibilisation du public à l’utilité de préserver des apports corrects en vitamine D est un élément important de la politique de prévention. Augmenter le statut vitaminique D des populations à risque était déjà un des objectifs du premier Programme National Nutrition Santé, reconduit dans le second.
  • Par l’enrichissement de certains aliments: étant donné les faibles teneurs en vitamine D de la plupart des aliments de consommation courante en France et en Europe, une politique d’enrichissement de certains aliments semble souhaitable. Toutefois, l’enrichissement d’un aliment doit remplir certaines conditions :
    • L’aliment-vecteur doit avoir une bonne pertinence au plan nutritionnel.
    • Il doit être réellement consommé par la population cible.
    • L’efficacité et l’innocuité de la mesure doivent être prouvées.

  

Références :

  

(1) EFSA, 28/10/2016,  « Vitamine D : L'EFSA définit des valeurs nutritionnelles de référence pour la vitamine D »

(2) Etude Nationale Individuelle des Consommations Alimentaires 3 (INCA 3) 2014-2015, 2017
(3) Chapuy MC. et al. Prevalence of vitamin D insufficiency in an adult normal population. Osteoporos Int 1997; 7: 439-43(34).
(4) Vernay M. et al. Statut vitaminique de la population adulte en France. Etude Nationale Nutrition Santé (ENNS 2006-2007), BEH du 24/04/12
(5) Mithal A. et al. IO F Committee of scientific advisors (CSA) nutrition working group. Global vitamin D status and determinants of hypovitaminosis D. Osteroporos Int 2009; 20: 1807-20.
(6) Vitamine D, Jean-Claude Souberbielle, Editions DiaSorin, The Diagnostic Specialist. p52.

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