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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques AG trans : la Commission européenne suggère d’imposer une limite

AG trans : la Commission européenne suggère d’imposer une limite

En juin dernier, la FDA (États-Unis) interdisait les huiles partiellement hydrogénées. Fin 2015, la Commission européenne se saisit du sujet. Elle vient d’éditer un rapport dans lequel elle suggère de limiter la présence des acides gras trans d’origine technologique dans les aliments, à 2 g/100 g de matière grasse.

Pour rappel, les acides gras trans ont plusieurs origines :
 • technologique, lors de l’hydrogénation des huiles végétales 
• naturelle, produits dans l’estomac des ruminants et que l’on retrouve dans les 
graisses des animaux et leur lait 
• liée au chauffage et à la cuisson des huiles végétales à haute température. 


Ceux qui posent problème sont les acides gras trans d’origine technologique. Les études épidémiologiques montrent que leur consommation excessive est associée à une augmentation du risque cardiovasculaire. En Europe, on estime que les sujets consommant 2 % de leur apport énergétique total sous forme d’acides gras trans ont 20 à 32 % de risque en plus de mourir d’une pathologie cardiaque. Actuellement, les hommes présentent des apports entre 0,5 et 2,1 % de l’AET et les femmes entre 0,8 et 1,8 % de l’AET. Mais certaines populations sont plus à risque de dépassement que d’autres, comme les jeunes adultes, les populations défavorisées et les étudiants. Quid des enfants, absents du rapport ? 

Ces acides gras trans « technologiques » sont retrouvés dans de nombreux produits alimentaires transformés. Mais les analyses de composition de plusieurs produits vendus en Europe sont plutôt rassurantes. Elles indiquent que la plupart d’entre eux affichent des taux inférieurs à 0,5 g/100 g de MG. Ce qui inquiète les autorités sont 3 familles de produits dont les teneurs en acides gras trans dépassent les limites: les gâteaux et produits de boulangerie dont les teneurs sont supérieures à 2 g/100 g de matières grasses, et les biscuits et pop-corn dont les taux avoisinent 40 à 50 g/100 g de matières grasses. 

La Commission européenne demande donc aux industriels de réduire l’utilisation des acides gras trans et de leur substituer des alternatives existantes. Une mesure qui a déjà été adoptée au Danemark, en Autriche, en Hongrie et en Lettonie où le contenu des aliments en acides gras trans ne dépasse pas 2 g/100 g de matières grasses. Neuf pays sont particulièrement visés: cinq pays européens (Suède, Croatie, Pologne, Bulgarie et Slovénie) et 4 pays candidats (Serbie, Monténégro, Macédoine Yougoslavie, Bosnie-Herzégovine). L’analyse des mesures (législatives ou autorégulation) déjà mises en place dans certains pays conduit la Commission européenne à considérer qu’une mesure législative à l’échelle européenne serait plus efficace que l’autorégulation des industriels et éviterait une fragmentation du marché. Une consultation publique sur le sujet devrait être rapidement lancée.

Pour relativiser les risques, rappelons que s’il est bien exact que consommer 2% de son AET en AG trans est assurément malsain, la consommation de faibles quantités de produits en contenant plus de 2% des matières grasses ne permet pas d’atteindre les niveaux dangereux, ce qui n’est évidemment pas une raison pour ne pas demander aux industriels de rechercher des solutions alternatives.
 

Source : Commission européenne 3 décembre 2015.
http://ec.europa.eu/food/safety/docs/fs labelling- nutrition trans-fats-report en.pdf
C. Costa pour les Cahiers de nutrition et de diététique , © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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