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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques Activité physique et sédentarité en France

Activité physique et sédentarité en France

L’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) vient de publier la première édition d’un état des lieux de l’activité physique et de la sédentarité en France (130 pages). Celui-ci s’appuie sur les données des grandes études et enquêtes existantes menées auprès de la population française. L’objectif est ici de compiler annuellement ces données pour contribuer à leur meilleure diffusion. Le rapport couvre ainsi l’activité physique pour chaque catégorie de la population, classée par âge (3—10 ans, 11—17 ans, 15—25 ans, adultes), la sédentarité chez les enfants et les adultes, les transports actifs, la pratique sportive et leurs relations avec le surpoids et les inégalités sociales. Enfin, les effets de l’activité physique et de la sédentarité sur plusieurs pathologies — cardiopathies ischémiques, maladies vasculaires cérébrales, diabète de type 2, cancer du sein, cancer du côlon, maladie de Parkinson, sclérose en plaque — ont été rassemblés.

Ainsi, les auteurs rappellent, entre autres, que les jours d’école, 30 à 39 % des 3 à 10 ans ne pratiquent pas de jeux de plein air, que seuls 12 % des 11—14 ans suivent les recommandations d’une heure d’activité physique modérée par jour, que 22% des garçons et 35% des filles de 15 à 17 ans ont de faibles niveaux d’activité physique, qu’un tiers des adultes a un niveau d’activité physique limité. Ces taux diffèrent selon les régions (Nord < Sud) et le sexe (hommes > femmes). La surcharge pondérale et la catégorie sociale sont associées au niveau d’activité physique.

Concernant les activités sédentaires, la durée moyenne passée devant les écrans par les 3—17 ans et par les adultes (en dehors des heures de travail) est d’environ 3 heures par jour. Chez les enfants, la présence d’une surcharge pondérale ou d’une obésité et l’appartenance à une catégorie sociale peu élevée sont associées à une durée plus longue passée devant les écrans. Chez les adultes aussi lorsqu’il s’agit de télévision et non d’ordinateur. Les modes de transport actifs (marche, vélo, trottinette, rollers...) sont empruntés par 40 % des 3—10 ans, 30 % des 11—14 ans pour se rendre sur leur lieu d’étude. La marche est principalement utilisée, mais elle n’a cessé de diminuer depuis 1982 contrairement à l’utilisation de la voiture. Chez les adultes, la voiture est le mode de transport le plus utilisé (65 % des déplacements) tandis que les transports actifs ne représentent qu’un quart des déplacements, davantage la marche pour les femmes et le vélo pour les hommes. Ces deux modes de transport actif semblent progresser depuis plusieurs années. Les données sur la pratique d’un sport en dehors de l’école ou du travail sont plutôt encourageantes : près des 2/3 des enfants et 70 % des 12—17 ans en pratiquent. Cependant, les filles pratiquent moins que les garçons. Et les enfants en surcharge pondérale et ceux de foyer à revenus modestes moins que les autres.

Au sujet de l’impact de l’activité physique et de la sédentarité sur les pathologies, les données rapportent un effet « protecteur » de l’activité physique sur l’incidence des cardiopathies ischémiques (—9 à —29 %), les accidents vasculaires cérébraux (—25 %), sur l’apparition du diabète (en association avec un régime), sur le cancer du sein, le cancer du côlon (—25 %) et sur l’incidence de la maladie de Parkinson.

Voilà qui confirme des notions bien connues.

État de lieux de l’activité physique et de la sédentarité en France. C. Praznoczy, C. Lambert, C. Pascal. Onaps. Ed. 2017.

C. Costa, Cahiers de nutrition et de diététique, 2017, 52, p 8, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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