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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques Consommer plus de lipides augmente-t-il la performance des athlètes d’endurance ?

Consommer plus de lipides augmente-t-il la performance des athlètes d’endurance ?

Les triglycérides ont un potentiel énergétique intéressant pour le sportif et sont présents en bien plus grande quantité que le glycogène à raison de 4 à 8 kg contre moins de 1 kg pour le glycogène. Cependant, leur oxydation, plus lente, leur confère un rendement énergétique moins important. Une équipe de chercheurs de la Haute école de santé de Genève (Suisse) a cherché à savoir si une exposition à un régime alimentaire riche en lipides (> 45 % de l’AET versus < 30 % de l’AET) pendant plus de trois jours pouvait améliorer leur oxydation lipidique, épargner le glycogène lors de l’effort et améliorer la performance des sportifs d’endurance. L’étude de la bibliographie des 30 dernières années leur a permis de rassembler les données de sept essais contrôlés. Tous montrent une augmentation de l’oxydation lipidique et une épargne du glycogène suite à plus de trois jours d’un régime contenant plus de 45 % de l’AET sous forme de lipides. Mais ceci ne se traduit pas par une amélioration mesurable de la performance : en intensité sous-maximale, elle est améliorée pour quelques cas individuels et lors d’activités de hautes intensités, elle est au contraire amoindrie chez tous. À l’évidence, les facteurs pouvant expliquer que certains athlètes bénéficient plus que d’autres de l’adaptation métabolique aux lipides restent à explorer. Quant aux représentations et aux pratiques des athlètes, elles ont été explorées à l’aide d’entretiens individuels réalisés par l’équipe Suisse auprès de 3 athlètes d’endurance pratiquant plus de 10 heures par semaine et sans suivi nutritionnel particulier. Ils indiquent que ces sportifs consomment entre 36,2 et 41,8 % de l’AET sous forme de lipides, soit légèrement plus que les recommandations du Swiss Forum of Sport Nutrition (20 à 35 %). Ces sportifs cherchent avant tout à contrôler leur poids, limiter les quantités de matières grasses et favoriser celles considérées comme « bonnes ». Des pratiques et représentations qui devront donc être prises en compte avant la mise en oeuvre de ce type de régime.

P046—Lasserre S, Bucher Della Torre S, Kruseman M. - Journées francophones de nutrition—9—11 décembre 2015—Marseille. www.lesjfn.fr

C.Costa, Cahiers de Nutrition et de Diététique, 2016, 51, p6, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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