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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques Des apports protéiques supérieurs à 1 g/kg/jour protègent les seniors de la fragilité

Des apports protéiques supérieurs à 1 g/kg/jour protègent les seniors de la fragilité

Selon les dernières données de la cohorte française des trois cités, un apport protéique élevé indépendamment de l’apport calorique est associé à une moindre prévalence de la fragilité chez des sujets âgés vivant à domicile.

 

Dans cette étude, les chercheurs (unité 1219 Inserm/ université de Bordeaux, ISPED, Bordeaux, Inra UMR 1019, université et CHU de Clermont, Clermont-Ferrand) ont utilisé comme référence les apports nutritionnels conseillés d’au moins 0,8 g de protéines/kg de poids/jour et 30 kcal/kg/jour.

 

Au total, 1345 sujets de 74 ans en moyenne vivant à Bordeaux ont été recrutés entre 1999 et 2000. Ils ont répondu à une enquête alimentaire pratiquée par un diététicien sur leurs consommations des dernières 24 heures, ce qui a permis d’évaluer leurs apports protéiques et caloriques quotidiens. La fragilité était évaluée par un auto-questionnaire reposant sur cinq critères :

• une perte de poids non volontaire de plus de 3 kg ces derniers mois ;

• le sentiment de fatigue lors d’efforts à fournir ;

• la lenteur à la marche sur une distance de 6 mètres ou la capacité à marcher 500m à 1 km, à monter des escaliers ;

• la capacité à se lever d’une chaise ;

• un temps d’activité hebdomadaire inférieur à 1 heure.

 

Résultats, 4,1 % des participants rapportaient au moins 3 critères sur 5 et étaient donc considérés comme fragiles. Ces personnes étaient seulement 36,4 % à ingérer au moins 1 g de protéines/kg/jour contre 58,6 % des sujets non fragiles. L’origine des protéines consommées (animale ou végétale) et l’apport énergétique n’étaient pas associés au risque de fragilité. Il semblerait donc que la valeur nutritionnelle de 0,8 g de protéines/kg/jour soit insuffisante chez les seniors les plus âgés pour minimiser les conséquences du vieillissement.

 

Les auteurs suggèrent donc de réviser les recommandations nutritionnelles afin d’élever cette quantité à 1 g/kg/jour, citant des études précédentes qui rapportent également l’association entre un apport protéique supérieur à 1 g/kg/jour et la prévention des différents critères de fragilité (perte de poids, vitesse de marche. . .) et concluent qu’un apport suffisant en protéines peut réduire de près de 60 % le risque de fragilité. Un résultat qui n’étonne pas Catherine Féart, responsable de ces travaux :  « les protéines sont des constituants musculaires et protègent contre la sarcopénie, alors que les apports énergétiques totaux peuvent être pourvus par les lipides, glucides ou encore l’alcool qui n’ont pas ces fonctions. Or, la fragilité chez la personne âgée expose au risque de chute, d’hospitalisation ou encore d’institutionnalisation. De plus, elle accélère le déclin en cas de choc ou de stress psychologique ou physique. Ces résultats sont donc une incitation forte à consommer suffisamment de protéines ».

 

Même si ces résultats ne sont pas entièrement nouveaux, il est bon de rappeler que des apports protéiques élevés sont importants pour le bien vieillir.

 

Rahi B, et al. Higher protein but not energy intake is associated with a lower prevalence of frailty among community-dwelling older adults in the French three-city cohort. J Am Med Dir Assoc 2016 [https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27346652]

 

C. Costa, Cahiers de nutrition et de diététique, 2016, 51, p8, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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