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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques L’Anses révise les repères du PNNS sur l’activité physique

L’Anses révise les repères du PNNS sur l’activité physique

Saisie en 2012 par la DGS pour réviser la formulation des repères du PNNS, l’Anses vient de remettre sa copie concernant l’activité physique. Parmi les travaux scientifiques sur lesquels l’agence s’est basée, l’expertise collective de l’Inserm réalisée en 2008 « Activité physique—Contexte et effets sur la santé », a servi de socle initial de connaissances. Des publications plus récentes (1975 études) et un élargissement à d’autres problématiques en lien avec l’activité physique (sommeil, limitation fonctionnelle, pollution, environnement bâti. . .) ont enrichi l’analyse. Le point sur ces nouvelles recommandations.

 

L’activité physique, au-delà du sport et des loisirs

L’Anses rappelle que l’activité physique va bien au-delà du sport et regroupe l’ensemble des activités pratiquées dans différents contextes (travail, loisir, transport, activités domestiques. . .) et en poursuivant des objectifs variés (utilitaires, sanitaires, sociaux. . .). Pour autant, les études récentes et qui prennent en compte la réalité des pratiques d’activité physique montrent que la population est encore insuffisamment active quelles que soient les tranches d’âge : seuls 37 % des adultes et 32 % des plus de 65 ans sont suffisamment actifs. Concernant les enfants, 34 % des moins de 11 ans et 12 % des 11—14 ans pratiquent une activité physique quotidienne. Les 15—17 ans sont 43 % à avoir au moins 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée par jour.

 

Des recommandations affinées

L’agence identifie 4 grands types d’activité qui développent l’aptitude cardiorespiratoire ; le renforcement musculaire ; l’équilibre et la souplesse. Elles se déclinent selon les occasions de pratique au cours de la journée. Ainsi, les travaux ménagers, la course à pied ou monter des escaliers sont des activités favorables au développement cardiorespiratoire tandis qu’utiliser une trottinette ou un vélo pour se déplacer, faire du yoga ou de la pétanque favorisent l’équilibre. Les recommandations sont formulées selon la catégorie de la population.

Ainsi, aux adultes, il est recommandé de pratiquer 30 minutes par jour d’activité développant l’aptitude cardiorespiratoire (marche, nage, vélo, course à pied, montée d’escalier. . .) au moins 5 jours par semaine, ainsi que des activités de renforcement musculaire (montées ou descentes d’escalier, port de charges, exercices avec poids ou bandes élastiques. . .) 1 à 2 fois par semaine. Des exercices d’assouplissement et de mobilité articulaire sont recommandés 2 à 3 fois par semaine (étirements).

 

Les femmes enceintes ou en post-partum doivent (en l’absence de contre-indication médicale) avoir au moins 30 minutes par jour d’activité sollicitant l’aptitude cardiorespiratoire 3 fois par semaine et des exercices de renforcement musculaire 1 à 2 fois par semaine. La régularité de la pratique est recommandée plutôt que son intensité.

Les femmes ménopausées doivent dans l’idéal combiner 30 minutes par jour d’activité physique cardiorespiratoire (5 jours/semaine) à 15 à 30 minutes par jour d’activité cardiorespiratoire à impact (saut, courses, activités de contact), du renforcement musculaire en résistance 3 fois par semaine et des étirements au moins 2 à 3 fois par semaine.

Pour les enfants, ceux de moins de 5 ans devraient avoir au moins 3 heures d’activité physique par jour et ceux de 6 à 17 ans, 60 minutes d’activité d’intensité modérée à élevée. La durée des activités sédentaires ne devrait pas dépasser 1 heure en continu pour les moins de 5 ans et 2 heures pour les 6—17 ans.

Chez le plus de 65 ans, les recommandations sont similaires à celles des adultes (l’âge ne doit pas être considéré comme un facteur limitant), auxquelles s’ajoutent des exercices d’équilibre 2 fois par semaine. 

Enfin, les adultes ou enfants avec limitation fonctionnelle d’activité peuvent aussi se référer aux recommandations pour la population générale et les répartir sur la semaine en les intégrant progressivement au mode de vie. Bien entendu, le type, la durée, la fréquence et les intensités des activités seront à adapter en fonction des caractéristiques de la déficience ou pathologie et de la condition physique de la personne.

 

Un focus sur le sommeil

Selon les experts de l’Anses, les activités physiques cardiorespiratoires (marche, course, nage, vélo) pratiquées en extérieur et réalisées dans l’idéal entre 15 h et 19 h sont un excellent moyen de lutte contre les troubles du sommeil, notamment chez les plus de 65 ans.

 

Des recommandations par secteur d’activité

Pour l’Anses, les obstacles à la pratique d’activités physiques relèvent de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, des modes de transport et de l’organisation du temps de travail et du temps scolaire. L’agence propose donc des pistes de réflexion sur l’aménagement de l’environnement urbain (espaces verts, espaces protégés de déplacements à vélo, agrès en plein air. . .), le potentiel piétonnier et les intermodalités de transport. Un aménagement du temps scolaire ou de travail pour favoriser la pratique d’activité physique et limiter la sédentarité est aussi recommandé. La formation des professionnels de santé sur les bénéfices de l’activité physique et la capacité à formuler des conseils de pratique est suggérée. Le renforcement de la formation des professionnels du sport notamment sur les activités physiques adaptées aux différentes catégories de la population et aux périodes de la vie est proposé. Il s’agit aussi de les former sur les moyens de modifier les comportements et d’adopter un mode de vie plus actif. L’agence s’adresse aussi aux pouvoirs publics au sujet des lacunes à combler en termes de recherche scientifique. Enfin, une évaluation des actions visant à promouvoir l’activité physique et à réduire la sédentarité, prenant en compte les mobilités actives, est nécessaire pour en tirer des enseignements et faciliter la transposition de celles les plus concluantes aux différentes échelles et zones géographiques.

On ne peut que se féliciter de voir l’activité physique et la sédentarité bénéficier d’un tel corpus de recommandations précises. Le problème de leur impact réel sur l’évolution des comportements et de leur applicabilité concrète rester entier dans le contexte sociétal actuel.

 

Anses—Rapport d’expertise collective—Actualisation des repères du PNNS—révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité—février 2016 ; http://www.anses.fr/

 

C.Costa, Cahiers de Nutrition et de Diététique, 2016, 51, p3, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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