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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques Les Français plus attentifs à la qualité alimentaire

Les Français plus attentifs à la qualité alimentaire

C’est ce que révèle une récente enquête de l’Observatoire société et consommation réalisée en mai dernier auprès de 3500 sujets représentatifs des responsables des achats alimentaires.

 

Première indication, la perception d’une baisse de niveau de vie est rapportée par plus de 50 % des sujets, et davantage encore par ceux vivant en milieu rural (56 %). Pour 40 % des français, elle a pour conséquence un sentiment de restriction en termes de dépenses alimentaires dont 11 % soulignent leur sentiment de devoir très fortement se restreindre. Ce sentiment est corrélé au niveau de revenus des foyers, les plus faibles (< 1500 euros/mois) étant les plus affectés. Les restrictions budgétaires se traduisent de plusieurs manières : les sujets évitent les marques (46 %), privilégient les aliments peu chers comme le riz, les pâtes, les oeufs ou la viande blanche (44 %), achètent moins de produits (35 %) et fréquentent en priorité les enseignes à bas prix (32 %). Globalement, seuls 20 % font un compromis sur la qualité des produits. Toutefois, ceux qui rapportent un très fort sentiment de restriction sont le double (41 %) à faire un compromis sur la qualité.

 

Plus de la moitié des répondants (59 %) déclare privilégier la qualité quitte à payer plus cher, et ce d’autant plus que le revenu du foyer est élevé (93 % chez ceux dont le revenu est supérieur à 6500 euros). Et cela, quel que soit la catégorie de produits (fruits et légumes, viandes et produits de la mer en tête). Quatre-vingt-deux pour cent des français déclarent faire davantage attention à la qualité des produits alimentaires qu’ils consomment par rapport à il y a 5 ans. Même les ménages disposant de revenus modestes sont près de 75 % à déclarer y être de plus en plus attentifs.

 

Pourtant, les répondants ont le sentiment que la qualité générale des produits est restée identique voire s’est légèrement améliorée depuis cette période. Pour l’évaluer, ils se fondent sur les informations de traçabilité (87 %), la composition des produits (85 %), l’apparence de l’aliment (80 %), le prix (78 %), l’existence d’un signe officiel de qualité (77 %), le type de distributeur (64 %), la marque (49 %) et les récompenses dans les concours (45 %). Pour autant, les marqueurs que constituent le prix, l’apparence du produit, son packaging, la marque ou le circuit de distribution pèsent en 2016 moins dans la perception de la qualité qu’en 2007. Les répondants sont d’ailleurs très divisés quant à l’acteur le plus légitime pour garantir la qualité des produits alimentaires. Les organismes indépendants et l’État arrivent en tête (avec respectivement 22 % et 21 % des voix). Puis les organisations professionnelles (17 %), les marques (15 %) et les enseignes de la distribution (13 %) sont évoquées. Une nouvelle hiérarchie s’installe, renvoyant à des facteurs objectifs comme la composition du produit, son lieu de production, la présence de labels ou récompenses.

 

Présentation des résultats de L’ObSoCo. 12 juillet 2016 http://www.ania.net/alimentation-sante/obsoco 

 

C. Costa, Cahiers de nutrition et de diététique, 2016, 51, p5, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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