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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques Les habitudes et achats alimentaires diffèrent à travers le monde

Les habitudes et achats alimentaires diffèrent à travers le monde

Le SIAL, rendez-vous mondiale de l’innovation alimentaire a commandé à TNS Sofres une étude sur les habitudes alimentaires dans le monde (9 pays européens, Amérique du Nord, Moyen-Orient et Asie) dont elle dévoile quelques données en avant-première. L’occasion de démonter quelques idées reçues.

 

La tendance à l’auto-production alimentaire n’est pas si marginale que cela. En Asie du sud-est (84 %) et au Moyen- Orient (55 %), plus de la moitié des consommateurs mangent des aliments qu’ils ont eux-mêmes produits. Cette tendance se développe dans le monde entier à l’exception de la Russie où ce phénomène est bien ancré dans les habitudes. Si l’Europe possède un léger retard dans ce domaine, la France fait figure d’exemple à suivre car un peu moins de 1 Français sur 2 cultive déjà ses fruits, ses légumes et ses herbes aromatiques.

 

 Le développement durable, s’il reste un sujet préoccupant pour les consommateurs, n’en devient pas pour autant un réel critère d’achat. Parmi les 15 plus importants critères qui encouragent à acheter un produit plutôt qu’un autre, son impact environnemental figure à la dernière place des priorités des Moyen-orientaux. Les Français font à peine mieux (14e) tout comme les Russes, les Chinois ou les Britanniques.

 

Les consommateurs ont envie de nouveauté mais les innovations alimentaires doivent rester raisonnables. À l’exception des Allemands, une vaste majorité des consommateurs ont faim de découvrir de nouveaux produits alimentaires. Les plus curieux sont les Moyen-orientaux (71 %), suivi de près par les Français (64 %) et les Espagnols (63 %). Les plus gourmands veulent goûter de nouvelles saveurs, des textures originales ou des couleurs inattendues mais ils rechignent à acheter des produits qui ne sont pas ancrés dans leur culture même si le buzz à leur sujet est important. Si presque tous les Asiatiques ont déjà mangé des aliments à base d’algues et qu’un Chinois sur 3 a déjà consommé des insectes, les Français sont nettement moins nombreux à avoir franchi ce pas (32 % et 14 %).

 

Peu d’achats alimentaires se font sur le web. Dans l’univers de l’alimentaire ou des boissons, ils ne sont que 26 % à l’envisager. L’usage de sites marchands dans l’alimentaire est toutefois bien plus répandu en Chine (86 %) et en Asie du sud-est (76 %) qu’en Allemagne (30 %) ou en France (44 %).

 

La mode du « sans » et des produits locaux s’installe. Si les pays anglo-saxons comme la Grande-Bretagne se préoccupent assez peu d’acheter des produits sans pesticides (59 %) ou sans antibiotiques (53 %), cette tendance est beaucoup plus marquée en Asie du sud-est (93 % et 80 %) ou l’on constate le plus fort taux de conscience des dangers santé liés à l’alimentation et une vraie préoccupation quant à l’origine des produits qu’ils consomment (82 %) ou en France (83 %, 79 % et 68 %). Près de 6 consommateurs sur 10 préfèrent également acheter des produits locaux. Les Britanniques (44 %) y sont toutefois moins sensibles que les Français (62 %). Un étiquetage transparent précisant notamment l’origine des aliments est souhaité par de plus en plus de particuliers qui veulent mieux manger et manger mieux.

 

Étude sur les habitudes alimentaires dans le monde. Enquête exclusive TNS Sofres pour le SIAL 16—20 octobre 2016, Paris Nord Villepinte http://www.sialparis.fr/

 

C. Costa, Cahiers de nutrition et de diététique, 2016, 51, p6, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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