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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques Obésité : l’activité physique est déterminante dès 2 ans

Obésité : l’activité physique est déterminante dès 2 ans

On sait déjà que la sédentarité, une moindre activité physique et leur alimentation sont associés au surpoids des enfants.

Ce que viennent d’observer des chercheurs de l’unité Inserm 1153 à partir du suivi d’une cohorte de plus de 800 enfants nés à Poitiers et Nancy (Cohorte EDEN), c’est que ces facteurs observés dès l’âge de 2 ans, sont prédictifs du risque ultérieur d’obésité.

L’étude coréalisée par Sandrine Lioret et Patricia Dargent-Molina montre, en effet, que les garçons de 2 ans qui passent plus de 60 minutes par jour devant des écrans (33,1 % de l’effectif) ont un pourcentage de masse grasse corporelle plus élevé à l’âge de 5 ans que ceux qui y passent moins de 15 minutes (34,2 %). Chez les filles de 2 ans, c’est le temps passé à jouer en plein air (contributeur majeur de l’activité physique des jeunes enfants) qui prédit le risque de développer ultérieurement de la masse grasse. Dans l’échantillon de filles, celles qui passaient 2 à 4 heures par jour à des activités en plein air présentaient une moindre adiposité que celles qui y passaient moins de 2 heures.

L’analyse a été conduite de façon séparée pour les filles et les garçons « car dès 2 ans, l’activité physique et le pourcentage de masse grasse diffèrent », explique Sandrine Lioret. Chez les garçons, ce temps passé devant l’écran se fait au détriment du temps passé à se dépenser physiquement : « On a tendance à croire que les jeunes enfants sont spontanément suffisamment actifs, mais la littérature révèle qu’ils consacrent l’essentiel de leur temps à desactivités sédentaires et qu’il existe une grande variabilité interindividuelle pour l’activité physique », indique la chercheuse.

Quant à l’alimentation à 2 ans, les données révèlent que si certains profils alimentaires sont associés au temps passé devant la télévision ou les DVD chez les garçons et d’autres au temps à jouer en plein air chez les filles. Cependant, ils n’apparaissent pas statistiquement discriminants vis-à-vis de l’adiposité ultérieure. Mais il est possible que cette relation ait été sous-estimée étant donné le niveau socio-économique élevé des familles inclues dans la cohorte : l’alimentation est socialement différenciée dès la première année de vie. Les chercheurs concluent que les facteurs de risque comportementaux d’obésité comme le temps passé devant les écrans ou à jouer en plein air, agissent précocement.

Par la suite, les chercheurs s’intéresseront à l’âge du rebond d’adiposité, qui intervient normalement entre 6 et 7 ans et plus précocement en cas de prédisposition à une obésité ultérieure. Ces données devront être confirmées dans une cohorte plus importante et plus représentative de la population générale comme la cohorte ELFE qui intègre près de 18 000 enfants. Ces derniers ont d’ailleurs été équipés d’accéléromètre à l’âge de trois ans et demi, ce qui devrait permettre une analyse plus fine de leurs dépenses physique. Enfin, une étude d’intervention qui devrait prochainement démarrer (ECAIL) suivra 800 femmes enceintes en situation de vulnérabilité sociale, ainsi que leur enfant jusqu’à ses 2 ans.

Prospective associations between energy balance- related behaviors at 2 years of age and subsequent adiposity: the EDEN mother—child cohort. C Saldanha- Gomes et al. Int J Obes 2017; 1—8. www.inserm.fr Rubrique Actualités Recherche — 24 janvier 2017.

C. Costa, Cahiers de nutrition et de diététique, 2017, 52, p 6, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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