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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques Prévalence de l’obésité en France

Prévalence de l’obésité en France

La très vaste cohorte Constances (200 000 sujets à ce jour) mise en place il y a une quinzaine d’années par la CnamTS à partir de ses centres de santé, la DGS et l’Inserm commence à livrer, dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (25 octobre 2016), les premières informations qu’elle permet d’obtenir.

 

Parmi celles-ci, rapportons celle qui présente les données sur la prévalence du surpoids et de l’obésité en 2013 à partir d’un échantillon de près de 29 000 sujets des deux sexes âgés de 30 à 69 ans représentatifs de l’ensemble de la cohorte :

surpoids : 41 % et 25,3 % chez les hommes et les femmes ;

obésité (IMC≥30) : 15,8 % et 15,6 % ;

• obésité abdominale (tour de taille) : 41,6 % et 48,5 % ;

• obésité métaboliquement saine, MHO (cf. CND, Éditorial 5/2016) : 25,7 % et 51,8 % ;

prévalence plus marquée dans les tranches d’âge les plus élevées et les populations les plus défavorisées ;

• inégalités selon les régions.

                          

Voilà qui semble confirmer les résultats fournis par l’étude ObEpi en 2012 obtenus par des méthodes différentes et valide l’importance du problème pour la santé publique mais ne permet pas d’évaluer l’éventuelle progression des chiffres depuis 4 ans comme semblent l’indiquer certains médias grand public. En 2012, ObEpi avait montré un net ralentissement par rapport aux enquêtes antérieures sans que l’on puisse formellement l’affirmer ni en identifier les causes.

 

Il faudra attendre la prochaine évaluation à partir de Constances en espérant qu’elle sera bien longitudinale plutôt que transversale comme l’était ObEpi, éliminant aussi un éventuel « effet cohorte ». Quelques remarques :

• Obepi portait sur un échantillon représentatif de la population française de 18 à 69 ans et recueillait des données déclarées et non mesurées ce qui permet de penser que les chiffres étaient possiblement inférieurs à la réalité. Ici, l’absence de la tranche d’âge 18—30 ans, la non prise en compte des professions indépendantes et des départements de l’Est aux valeurs plus faibles a pu contribuer à augmenter les chiffres ;

• L’information la plus intéressante est l’identification du groupe des obésités métaboliquement saines qui représente un quart des hommes et une moitié des femmes (chiffres peut-être majorés par la non prise en compte des traitements) ; à l’inverse la présence chez 25 % des hommes et 9,3 % des femmes de poids normal de facteurs de risques cardiovasculaires. Voilà qui illustre une fois de plus l’insuffisance de l’IMC pour apprécier les risques et la santé, non seulement d’un individu donné mais aussi des populations.

 

La cohorte Constances fait désormais partie des outils importants de l’épidémiologie et saluons la pertinence de l’utilisation des données qu’en a fait l’équipe de Sébastien Czernichow.

 

J. Matta, M. Zins, A.L. Feral-Piessens, C. Carette, A. Ozguler, M. Goldberg, S. Czernichow. Prévalence du surpoids, de l’obésité et des facteurs de risque cardiométaboliques dans la cohorte Constances. BEH 35—36, 25 oct 2016

B. Guy-Grand, Cahiers de nutrition et de diététique, 2016, 51, p1, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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