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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques Prévalence des maladies cardiovasculaires en Europe

Prévalence des maladies cardiovasculaires en Europe

L’European Heart Journal a publié cet été une mise à jour de la prévalence des maladies cardiovasculaires dans les 53 États membres de la région européenne de l’OMS. Les données récentes (25 novembre 2015) de mortalité provenant de la base de données de l’OMS ont aussi été analysées.

 

Les données de mortalité rapportent que les maladies cardiovasculaires sont la cause la plus fréquente de maladie en Europe comptant pour 45 % des décès (49 % chez les femmes et 40 % chez les hommes). Plus de 4 millions de personnes meurent d’une maladie cardiovasculaire chaque année dont 1,4 millions avant l’âge de 75 ans. Mais en dehors de taux de mortalité élevés observés en Europe de l’Est, ceux dans les autres pays européens semblent diminuer et davantage encore dans les 15 plus anciens pays européens. La France affiche le taux le plus bas de mortalité par maladie cardiovasculaire avec 275,2/100 000 chez les hommes et de 174,1/100 000 chez les femmes contre 480,7/100 000 en Finlande chez les hommes et 391,3/100 000 en Grèce chez les femmes.

 

La mortalité par maladies cardiovasculaires (AVC, maladies coronariennes et autres) a diminué en deçà de celle par cancer chez les hommes dans 12 pays européens et chez les femmes dans 2 autres pays (Danemark en 2010 et Israël 2013). Ces pays sont tous situés dans l’Europe de l’Ouest (dont 9 font partie de l’Europe des 15). Cette inversion de causes de mortalité est apparue en premier en France en 1988 (92 375 décès par cancers contre 64 659 décès par maladies cardiovasculaires), puis en Espagne en 1999.

 

La mesure des années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY) attribué aux maladies cardiovasculaires a été calculée pour l’ensemble des pays. En 2012, elle était supérieure à 150/1000 en Ukraine (194/1000), Russie (181/1000), Bulgarie (167/1000), Biélorussie (163/1000) et Lettonie (153/1000). À l’inverse, elle était inférieure à 40/1000 individus au Luxembourg (39/1000), à Chypre (37/1000), en Irlande (35/1000), Islande (32/1000), et en Israël (26/1000). En France, elle se situe à 40/1000. Chez les hommes, les chercheurs notent davantage d’années de vie potentielle perdues en raison de maladies cardiovasculaires et de maladies coronariennes que chez les femmes et dans l’ensemble des pays (hors Tadjikistan).

 

La prévalence totale de sujets souffrant de problèmes cardiaques ou de circulation dans les 12 derniers mois dans les 53 pays membres était en moyenne de 9,2 %. La prévalence dépassait 10 % chez les hommes dans 5 pays : Pologne (14,7 %), Finlande (13,0 %), Pays-Bas (12,4 %), Allemagne (11,6 %), et Autriche (10,4 %). C’était le cas chez les femmes dans 4 pays : Pologne (20,2 %), Allemagne (14,1 %), Slovénie (13,6 %) et Finlande (10,9 %). Deux pays signalaient une prévalence inférieure à 6 % chez les hommes : Irlande (5,1 %) et République tchèque (5,5 %). Trois pays le signalaient chez les femmes : Irlande (3,7 %), République tchèque (4,4 %) et Norvège (5,8 %). En France, les chiffres étaient inférieurs à la moyenne générale avec un taux de 7,6 % chez les hommes et de 7,7 % chez les femmes.

 

Concernant les taux d’hospitalisation pour maladies cardiovasculaires, ils ont augmenté dans la plupart des pays à partir de 2000 sauf dans 15 pays (France, Belgique, Chypre, République Tchèque, Finlande, Hongrie, Islande, Irlande, Israël, Italie, Lettonie, Luxembourg, Espagne, Suède, Royaume-Uni). En France, il est de 2282 personnes/100 000 (données 2009) contre 2307/100 000 en 2000. Pour les maladies coronariennes, en revanche, la moitié des pays rapportent une baisse du taux d’hospitalisation, dont la France. Concernant l’AVC, 35 pays sur 52 ont connu une augmentation des taux d’hospitalisation. Elle reste très légère en France, passant de 222 à 228/100 000. Les taux de décès à l’admission par infarctus du myocarde étaient les plus bas en Suède (4,5 %) et en Pologne (4,7 %) et les plus élevés en Lettonie (15,4 %). La France se situe dans la médiane avec 7,2 %. Parmi les pays européens de l’OCDE, la durée moyenne du séjour après infarctus du myocarde était de 6,7 jours (6 jours en France), avec les plus courtes durées rapportées au Danemark (3,9), en Norvège (4,0), en Suède (4,7) et en Slovaquie (4,9).

 

Cette dernière mise à jour des données épidémiologiques sur les maladies cardiovasculaires en Europe révèle à l’évidence de grandes inégalités entre les pays concernant la mortalité, la morbidité et le traitement de ces pathologies. Si la France n’est pas toujours la meilleure (en dehors de son faible taux de mortalité par maladies cardiovasculaires), elle est plutôt bien placée dans les différents classements. Dans l’ensemble, les faibles chiffres de prévalence comparés à ceux de la mortalité posent toutefois la question du sous-diagnostic des maladies cardiovasculaires.

 

Townsend N, et al. Cardiovascular disease in Europe: epidemiological update 2016. Eur Heart J 2016 [http://dx.doi.org/10.1093/eurheartj/ehw334

 

C. Costa, Cahiers de nutrition et de diététique, 2016, 51, p8, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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