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Nutrition et prévention : Actualités scientifiques Quoi de neuf au Salon International de l’Alimentation ?

Quoi de neuf au Salon International de l’Alimentation ?

Le SIAL a été cette année encore le plus « grand magasin alimentaire au monde » : 27 hectares, 7000 exposants, 104 pays présents et 21 secteurs et filières alimentaires représentés. « Entre innovations technologiques et digitales, et retour aux basiques, la planète food oscille ». Le SIAL a été l’occasion pour 2 189 innovations alimentaires d’entrer en compétition. Parmi celles-ci, près de 600 produits ont été retenus et présentés à 19 membres du jury international. Un grand prix a été décerné pour chacune des 15 catégories de produits présentés.

 

Parmi les heureux élus, des produits très axés sur le végétal comme « Mama Carrot » la liqueur de carotte source de bêta-carotène (Aureli Mario, Italie), « Pur Just » les purs jus de fruits pressés à froid aux herbes aromatiques (Daregal, France), « QUINOA with fruit » les desserts de quinoa et fruits en pots individuels (Virù, Pérou), les « Steacks et boulettes de légumineuses », 100 % végétal, source de protéines et riches en fibres (Le boucher vert, France), « Gelato Filled Fruit », des fruits givrés dans un emballage nomade (Divino, États-Unis), « Les moulins à champignon », séchés et sélectionnés dans un moulin (Sabarot, France), « Le petit polenta » et « Le petit quinoa » céréales en boudin prêtes à trancher et à poêler, sans gluten (Sabarot, France).

 

La distribution mondiale innove elle aussi. On ne compte plus le nombre d’applications et de plateformes de livraison alimentaire. En France, UberEats a abordé le marché parisien avec une promesse de livraison « instantanée » en 30 minutes, voire 10 minutes pour une offre express, qui s’appuie sur la flotte de VTC d’Uber. Frichti veut pour sa part lutter contre la malbouffe avec des plats préparés « comme à la maison » dans les locaux de la start-up, et proposés à un prix abordable. Des magasins connectés répondent aussi aux demandes de clients en quête d’un inventaire illimité et des meilleurs prix. Aux États-Unis, plusieurs initiatives de désintermédiation s’attachent ainsi à faciliter la vie de leurs clients et à résoudre leur problème d’approvisionnement alimentaire. Avec Google Express Shopping, les clients peuvent faire leurs achats chez plusieurs commerçants et Google s’occupe de la logistique pour rassembler tous les achats en une seule commande. L’application Instacart permet de faire ses courses sur smartphone. Un employé qui travaille pour Instacart dans le magasin s’occupe ensuite de rassembler les produits, de les encaisser et de les livrer.

 

La restauration aussi se réinvente. Elle affirme son identité alimentaire à travers des approvisionnements alternatifs, des ingrédients riches en nutriments, ou des cuissons douces voire des préparations crues. Le sans-gluten se démocratise en restauration. Le végétarien commence aussi à prendre une place importante sur les cartes. Les petits producteurs sont recherchés et mis en avant, la fabrication est théâtralisée et le savoir-faire régional réinventé.

 

Quant aux comportements des consommateurs, ils poursuivent leur évolution. La situation économique mondiale se traduit par une baisse de la propension à payer plus cher dans certaines occasions pour des produits alimentaires qui apportent un plus. En France, la proportion des Français qui aiment se faire des petits plaisirs avec des produits alimentaires considérés comme un luxe baisse de 5 points par rapport à 2012 et passe ainsi à 77 %. De la même manière, la proportion de Français prêts à payer plus cher pour des produits alimentaires à valeur ajoutée passe de 70 % à 65 % entre 2012 et 2016.

 

À l’échelon mondial, la confiance à l’égard de la qualité des produits alimentaires a aussi légèrement baissé entre 2012 à 2016 (de 85 % à 83 %), avec toutefois une augmentation de ceux qui ont tout à fait confiance (de 12 % à 17 %). La Russie et la Chine enregistrent la plus forte dégradation de la confiance (−9 et −6 points par rapport à 2012). En France, le niveau de confiance est revenu au niveau de 2012 après une nette baisse en 2014.

 

Les consommateurs sont de plus en plus persuadés que l’alimentation peut engendrer des risques pour leur santé. Tous pays confondus, 66 % des consommateurs jugent probable le risque que les aliments nuisent à leur santé (contre 53 % en 2012). Les Français sont particulièrement sensibles sur ce point : 79 % jugent probable le risque (+20 points par rapport à 2014). Ceci explique sans doute la croissance de l’intérêt pour les produits issus de l’agriculture biologique : 53 % des consommateurs essaient d’en consommer dès que possible versus 48 % en 2012 (tous pays confondus). Enfin dernière évolution marquante, une attention croissante est portée au développement durable, avec notamment une proportion plus élevée de consommateurs privilégiant les produits alimentaires avec moins d’emballages ou avec des emballages recyclables (de 50 % à 54 % tous pays confondus).

 

SIAL Paris décerne ses Grands Prix. XTC world innovation et KANTAR TNS pour le SIAL 16—20 octobre 2016 Paris Nord Villepinte www.sialparis.fr

C. Costa, Cahiers de nutrition et de diététique, 2016, 51, p5, © Société Française de Nutrition / Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

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