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Santé cardiovasculaire

Quantifier les bénéfices du régime méditerranéen en termes d’espérance de vie

Une équipe suédoise vient de quantifier précisément le nombre d’années de vie supplémentaires et la diminution du risque de décès par cancer ou par maladies cardio-vasculaires liés à l’adhésion à long terme à ce type de régime.

 

Les effets bénéfiques du régime méditerranéen sur le risque de maladies cardiovasculaires, de cancer et sur la mortalité globale sont aujourd’hui bien documentés. Mais peut-on quantifier exactement son impact en termes d’années de vie supplémentaires ? C’est la question que se sont posés des épidémiologistes suédois. Pour y répondre, ils ont analysé les données de 71 333 participants de deux très larges cohortes suédoises d’hommes et de femmes de 45 à 83 ans (COSM et SMC). Leurs habitudes alimentaires ont été explorées et un score de correspondance avec le régime méditerranéen a été calculé en fonction de leurs consommations de fruits et légumes, légumineuses, fruits secs et oléagineux, céréales non raffinées riches en fibres, produits laitiers fermentés, poissons, viandes rouges, huiles d’olives et de colza, et d’alcool. Après plusieurs années de suivi, l’âge moyen au moment du décès a été recherché puis rapporté en fonction du score d’adhésion à ce régime (de 0 pour l’absence de concordance à 8 pour une concordance totale).  

 

Les scores les plus élevés sont corrélés à une survie plus longue

Au cours des 15 années de suivi, 14 697 sujets sont décédés dont 4 153 par maladies cardiovasculaires et 3 544 par cancers. Les analyses révèlent que l’âge moyen au moment du décès est associé de façon linéaire et dose-réponse aux scores d’adhésion au régime méditerranéen. Comparés aux participants dont les scores sont les plus faibles (0-2), ceux qui présentent les scores les plus élevés (6-8) vivent plus longtemps (14 mois en moyenne), réduisent leur risque de décès de 19 % et leur risque de mortalité par maladies cardiovasculaires de 26 %. Plus encore, chaque point supplémentaire de ce score est associé à 3 mois de vie en plus et à une réduction de 4 % du risque de mortalité globale. Enfin, entre les participants de scores extrêmes (0 versus 8) la différence de survie va jusqu’à près de 2 ans (23 mois en moyenne [16 à 29 mois]) et la réduction du risque de mortalité atteint 29 %.

 

Un bénéfice qui serait lié à la prévention des maladies cardiovasculaires

L’étude des pathologies responsables de ces décès apporte des enseignements supplémentaires : les participants dont le score est maximal réduisent leur risque de mortalité par maladies cardiovasculaires de 41 % par rapport à ceux dont le score est nul. Ils tendent aussi à réduire leur risque de mortalité par cancer 10 %  mais dans ce cas l’association n’est pas significative, la durée de l’étude étant trop courte pour ce type de pathologie. Les données sont identiques quels que soient l’âge des participants (> ou <60 ans), leur sexe ou leur niveau d’étude.

 

 

Source : Quantifying the benefits of Mediterranean diet in terms of survival. Bellavia A, Tektonidis TG, Orsini N, Wolk A, Larsson SC. Eur J Epidemiol. 2016 Feb 5. Disponible sur http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10654-016-0127-9

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