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Surpoids et obésité

Effet d’un régime méditerranéen riche en graisses végétales sur le poids et le tour de taille

Les régimes riches en graisses sont souvent perçus comme susceptibles d’entrainer une augmentation du poids. Ils sont, de fait, rarement recommandés par les professionnels de santé en charge de sujets obèses ou en surpoids. Mais qu’en est-il du régime méditerranéen, caractérisé par une plus grande consommation de graisses végétales que de graisses animales ? Doit-il, lui aussi, être exclu de toute recommandation auprès de ces sujets ?

 

Des chercheurs espagnols travaillant sur l’essai d’intervention nutritionnelle PREDIMED ont tenté de répondre à ces questions. Ils ont observé l’effet de la consommation pendant 5 ans d’un régime méditerranéen enrichi soit en huile d’olive (50 ml/jour), soit en fruits à coque (30g de noix, amandes et noisettes par jour) sur le poids et le tour de taille de participants de 55 à 80 ans (n=7447), à risque cardiovasculaire et dont la plupart sont en surpoids ou obèses. Les effets de ces deux versions du régime méditerranéen dont l’apport en graisses correspond à plus de 40 % de l’apport énergétique, ont été comparés à ceux d’un régime témoin, pauvre en graisses (<30% de l’apport énergétique total).

 

Aucune prise de poids avec l’alimentation méditerranéenne

 

A l’issue du suivi, les participants assignés aux 2 groupes « régime méditerranéen » ont largement modifié leurs habitudes alimentaires. Ils consomment davantage d’huile d’olive, de fruits à coque, de fruits et légumes, de légumineuses et de poisson et ont réduit les viandes, sucreries et produits laitiers. Comme prévu, l’apport en graisses est supérieur dans le régime méditerranéen riche en huile d’olive (41,8% de l’AET) et celui riche en fruits à coque (42,2% de l’AET) comparé au « régime pauvre en graisses » même si les participants de ce dernier groupe n’ont pas atteint l’objectif visé (37% de l’AET au lieu de <30% visé). Si bien que l’apport calorique de la journée est, pour les deux régimes méditerranéens, légèrement supérieur (2286 kcal/jour et 2318 kcal/jour) à celui du « régime pauvre en graisse » (2219 kcal/jour). Pour autant, après 5 ans, les trois groupes d’intervention n’ont pas pris de poids. Ils ont même légèrement maigri : -0,60 kg dans le groupe «  régime pauvre en graisses »,
-0,40 kg dans le groupe « régime méditerranéen enrichi en fruits à coque » (différence non significative par rapport au premier groupe) et -0,88 kg dans le groupe « régime méditerranéen enrichi en huile d’olive » (différence significative).

 

Un tour de taille qui s’épaissit plus lentement avec l’alimentation méditerranéenne

 

Comme cela est souvent le cas avec l’avancée en âge, le tour de taille  des participants (marqueur de l’adiposité viscérale) a augmenté, mais moins rapidement dans le cas des régimes méditerranéens : +0,85 cm dans le régime enrichi en huile d’olive et +0,37 cm dans le régime enrichi en fruits à coque, contre +1,2 cm dans le régime « pauvre en graisses » (différences significatives pour les deux groupes testés).  

 

Les auteurs concluent de cet essai que contrairement aux idées reçues, l’augmentation des apports en graisses végétales d’origine naturelle au sein d’un régime méditerranéen, n'entraînerait pas de prise de poids chez des sujets déjà en surpoids ou obèses. Ses effets sur le poids et sur le tour de taille sont, au contraire, équivalents à ceux d’un régime pauvre en graisse, voire meilleurs si l’on s’intéresse à l’adiposité viscérale. Sans oublier que ce type d’alimentation a déjà prouvé son intérêt dans d’autres essais d’intervention PREDIMED ciblant la prévention cardiovasculaire (Estruch R. et al., 2006 et 2013). Aucune raison donc de restreindre l’apport en graisses végétales de qualité (au sein d’un régime de type méditerranéen) lorsque l’on vise le maintien d’un poids stable.   

 

Source : Effect of a high-fat Mediterranean diet on bodyweight and waist circumference: a prespecified secondary outcomes analysis of the PREDIMED randomised controlled trial. Estruch R, Martínez-González MA, Corella D, Salas-Salvadó J, Fitó M, Chiva-Blanch G, Fiol M, Gómez-Gracia E, Arós F, Lapetra J, Serra-Majem L, Pintó X, Buil-Cosiales P, Sorlí JV, Muñoz MA, Basora-Gallisá J, Lamuela-Raventós RM, Serra-Mir M, Ros E; PREDIMED Study Investigators. Lancet Diabetes Endocrinol. 2016 Jun 6. pii: S2213-8587(16)30085-7.

 

http://dx.doi.org/10.1016/S2213-8587(16)30085-7

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