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Thématiques santé Surpoids et obésité Les régimes flexitariens ont-ils un intérêt pour la santé ?

Surpoids et obésité

Les régimes flexitariens ont-ils un intérêt pour la santé ?

Le flexitarisme, contraction des mots « flexible » et « végétarisme », désigne une pratique alimentaire non strictement végétarienne, qui inclut la consommation occasionnelle de viande ou de poisson. Cette pratique, qui a pris de l’ampleur ces dernières années, n’a pourtant pas encore fait l’objet d’une analyse de son impact sur la santé. Il semblait donc nécessaire pour Emma J Derbyshire, nutritionniste britannique, de s’y atteler.
 

Des effets sur le poids et les marqueurs métaboliques

Le terme flexitarien étant relativement nouveau, la nutritionniste a aussi utilisé des termes équivalents « semi-végétarien », « demi-végétarien » dans ses recherches bibliographiques. Sur 46 publications identifiées entre janvier 2000 et juin 2016, 25 études ont répondu aux critères imposés (définition claire des termes « flexitarien », « semi-végétarien » ou « demi-végétarien », comparaison avec d’autres profils alimentaires, essais randomisés contrôlés ou études observationnelles, date de publication entre 2000 et 2017). Quatre domaines de santé y étaient spécifiquement analysés : le poids, la santé métabolique, le cancer et la qualité du régime.

Parmi les 6 études s’intéressant à l’impact sur le poids, toutes rapportent un IMC plus bas chez les sujets limitant leur consommation de viande ou une perte de poids plus importante chez les sujets en surpoids ou obèses adoptant cette alimentation. Les 6 études portant sur les marqueurs de santé métabolique ou de risque de diabète fournissent aussi des résultats qui vont dans le même sens. Une étude coréenne rapporte des marqueurs sanguins améliorés (glycémie, insulinémie, leptinémie) chez les femmes ménopausées qui suivent depuis plus de 20 ans ce type d’alimentation. Une étude indienne et deux études américaines de la même équipe observent un moindre risque de diabète de type 2, tandis qu’une autre étude américaine conclut à un moindre risque de syndrome métabolique. Enfin, une étude espagnole note une pression artérielle plus basse chez les sujets femmes ménopausées semi-végétariennes par rapport à celles consommant régulièrement de la viande. Les données sur le risque de cancer, évaluées dans 4 études sont plus nuancées : le risque de cancer du côlon était légèrement réduit chez les semi-végétariens tandis que dans le cas du cancer de la prostate et du cancer du sein, seuls les végétaliens stricts présentaient un risque diminué.

Quant aux études sur la qualité du régime, les apports ou le statut nutritionnel des flexitariens, elles fournissaient des données contrastées. Comparés aux sujets consommant régulièrement de la viande, les semi-végétariens avaient des apports énergétiques moindres selon une étude canadienne, des apports en calcium plus élevés et consommaient des aliments de meilleure densité nutritionnelle selon une étude belge. Une étude américaine menée sur des sujets obèses ou en surpoids montrait que les végétariens avaient un profil d’apports en macronutriments équilibré, et que le score de l’index inflammatoire de leur alimentation était aussi diminué significativement après 2 mois de cette alimentation mais ceci n’était plus vrai après 6 mois. Leurs apports en oméga-3 étaient meilleurs que ceux des végétaliens et végétariens, notamment en EPA, DHA ainsi que leur ratio oméga-6/oméga-3, selon une étude autrichienne. Toutefois, les femmes semi-végétariennes étaient davantage sujettes à une déficience en fer, voire à une anémie (38.6%) que non végétariennes (25.5%), comme le rapporte une étude australienne.

Enfin, deux études spécifiques aux sujets souffrant de maladies inflammatoires chroniques fournissent des résultats préliminaires mais encourageants. Elles indiquent que l’alimentation semi-végétarienne pourrait prévenir les rechutes chez les patients atteints de maladie de Crohn grâce à l’action des fibres qu’elle contient. 
    

Le flexitarisme reste à définir

Si les études semblent indiquer que le flexitarisme pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé, on manque encore d’une définition claire de ce qu’est le flexitarisme. Les 25 études analysées par Emma J Derbyshire l’illustrent bien : seules 6 partagent la même définition. De même, selon l’auteur, on pourrait considérer les régimes alimentaires pauvres en viande et l’alimentation méditerranéenne comme des régimes flexitariens. Quoi qu’il en soit, le flexitarisme serait, selon la nutritionniste, un bon moyen d’améliorer la santé des sujets et de réduire leurs consommations de viande, tout en respectant leurs préférences alimentaires.

 

Source : Flexitarian Diets and Health: A Review of the Evidence-Based Literature. Derbyshire EJ. Front Nutr. 2017 Jan 6; 3: 55. Review. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5216044/

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