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Surpoids et obésité

Place des lipides dans la gestion du poids

Parmi les objectifs du PNNS, deux objectifs nutritionnels sont prioritaires en terme de Santé Publique.

 

Les deux objectifs du PNNS 2011-2015(1) sont claires :  

 

  • « Stabiliser la prévalence de l’obésité chez les adultes et réduire, de 10% au moins, le surpoids chez les adultes. »

 

  • « Réduire les apports lipidiques à 36,5% de l'apport énergétique journalier, avec une réduction à 36% de la part des acides gras saturés dans les lipides totaux »

 

En France, le pourcentage d'énergie d'origine lipidique « % EL » de la prise alimentaire se situe autour de 39%, aussi bien chez les femmes que chez les hommes et de 38% pour les enfants de 3 à 17 ans(2).

 

Chez les enfants de Fleurbaix-Laventie, un degré d'adiposité fort était totalement corrélé à une consommation de lipides  > 34,2 %. Au sein de ce groupe à forte consommation de lipides, les plus minces étaient ceux qui consommaient le moins d'acides gras saturés.(3)

 

La prévalence de l'obésité est plus élevée chez les individus dont le « % EL » est le plus fort(4), même si le lien entre apport lipidique et prise de poids n’est pas clairement établi (En savoir plus). Mais il ne faut pas négliger le rôle de l'interaction entre génétique et environnement dans l'obésité : les individus sont inégaux devant une même alimentation riche en lipides. Ceci pourrait être dû à  des déficiences dans la capacité à mobiliser puis à oxyder les lipides lorsque la prise alimentaire spontanée est hyperlipidique.

 

Attention à la Densité Energétique 

 

Un travail récent a montré que 24 % de l'énergie consommée par un groupe d'obèses provenait d'aliments à forte densité énergétique (DE) contre 13 % dans un groupe de sujets minces.

 

C'est parce qu'ils augmentent la « DE » de l'alimentation spontanée que les lipides  entraînent une prise pondérale. Il existe en effet une très forte corrélation entre « DE » et « DL » dans les aliments courants.

 

Tous les auteurs qui ont mis leurs sujets sous un régime dont le fort « % EL » (45-65 %) s'accompagne d'une forte « DE », ont observé une hyperphagie, une prise pondérale et un bilan énergétique positif.
Pour une composition presque identique mais une « DE » qui augmente d'un facteur 2, une prise pondérale de 2 kg est constatée sur 14 jours.

 

Lipides et pouvoir de satiété

 

Le pouvoir de satiété des lipides dépend de la capacité de l'organisme à les oxyder. Cependant il est plus faible que celui des glucides. De plus, l'oxydation des lipides  consommés est tributaire de la quantité de glucides qui les accompagne. En effet, l'apport glucidique allonge la durée de la satiété à cause du glucose supplémentaire fourni. Mais plus il est insulino-sécréteur, plus il réduit l'utilisation des lipides  qui les accompagnent et donc leur pouvoir de satiété.

 

Selon la charge glucidique fournie, l'effet sur la satiété d'un supplément lipidique est donc bien différent.
Un rapport glucides/lipides faible permet aux lipides  d'exercer leur pouvoir de satiété, car  les acides gras libres vont être plus oxydés et moins stockés.

 

En pratique, il faut donc faire attention à la composition des aliments sous deux aspects :

  • leur contenu en acides gras saturés
  • le rapport entre les lipides et les glucides

 

De nombreuses graisses sont dites « cachées » car elles font partie intégrante du produit consommé. Il peut s'agir d'acides gras saturés comme dans les viandes grasses, les charcuteries, les plats préparés ou encore les pâtisseries, mais aussi d'acides gras insaturés comme dans les poissons gras.

 

La plupart des « douceurs » et autres produits pour le goûter méritent une attention particulière car ils répondent sont souvent d’importantes sources de lipides (par exemple : les viennoiseries).

 

Equilibrer ses apports en graisses 

 

Quelque soit la corpulence, il est toujours bon d'équilibrer ses apports en graisses, en privilégiant les matières grasses végétales(5). Il est important de :

  • Connaître les sources de graisses cachées (essentiellement les produits animaux et à peu près tous les aliments industriels : gâteaux, glaces, charcuteries, plats cuisinés...) pour pouvoir en diminuer l'apport.
  • Privilégier sa consommation en graisses insaturées, trouvées dans les huiles végétales ou les poissons gras, en respectant le plus possible un rapport oméga 6/oméga 3 inférieur à 5(6).

 

Il faut également bien comprendre qu'il n’est pas conseillé de totalement supprimer les graisses, en particulier les insaturées, de l'alimentation car elles ont un rôle constitutif dans notre organisme. Les lipides ingérés sont en effet transformés en triglycérides, principale forme de stockage de l’énergie, ou encore en phospholipides, molécules constitutives des membranes cellulaires. De plus les matières grasses consommées apportent des acides gras indispensables impliqués dans des fonctions génétiques, hormonales, cérébrales, de structure, etc. Une alimentation sans graisses peut entraîner des dysfonctionnements de toutes ces fonctions.

 

Références :

 
(1) Programme Nationale Nutrition Santé, 2011.
(2) Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires (INCA) 2. ANSES 2006-2007.
(3) Maillard G et al. Macronutrient energy intake and adiposity in non obese prepubertal children aged 5-11 y (the Fleurbaix-laventie Ville Santé Study). Int J Obes 2000 ; 24 : 1608-17
(4) Popitt S, Prentice AM. Energy density and its role in the control of food intake : evidence from metabolic and communitiy studies. Appetite 1996 ; 26 : 153-174
(5) AFSSA, Le Guide Alimentaire pour tous, Programme Nationale Nutrition Santé, 2011.
(6) ANSES, Actualisation des apports nutritionnels conseillés en acides gras, rapport d’expertise collective. 2011

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