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Vieillissement

Les besoins nutritionnels des personnes âgées

L’estimation des besoins personnels des personnes âgées n'est pas évidente, étant donné la grande variabilité de l'état de santé chez cette population et le manque d'études sur les sujets âgés.

 

Le métabolisme au repos diminue de 2 % par décennie. Ceci est en grande partie lié à la diminution de la masse maigre, mais semble également être la conséquence du vieillissement.

 

La sédentarité (diminution de l'activité physique, arrêt de l'activité professionnelle...) est par ailleurs responsable de la diminution de la masse musculaire squelettique.

 

Mais contrairement aux idées très répandues, un apport d'énergie suffisant est indispensable à la personne âgée, car celle-ci doit toujours assurer les mêmes fonctions vitales. 

 

Chez les sujets actifs en bonne santé, les besoins énergétiques sont souvent sous-estimés,  surtout lorsque les sujets ont une activité physique non négligeable.

 

L'EFSA, dans sa dernière version (janvier 2013) des apports moyens conseillés en énergie, recommandait des apports d'environ 2300 kcal/jour pour un homme de plus de 70 ans ayant une activité physique modéré(1).

 

Par ailleurs, l’EFSA considère que les apports protéiques recommandés pour les personnes âgées sont les mêmes que ceux des jeunes adultes, et sont de 0,83 g/kg/j, soit 58 g de protéines par jour(2).

 

Du fait de leurs implications physiologiques multiples, (vision, fonctionnement cérébral et cardiovasculaire), les acides gras alimentaires ont une importance toute particulière chez le sujet âgé.  Bien que leur métabolisme semble s'altérer avec l'âge, les apports conseillés sont identiques en valeur relative (% de l'Apport Energétique Total) à ceux de l'adulte. En outre, un rapport oméga 6 / oméga 3 inférieur à 5 est conseillé au senior, comme à l'adulte(3). Ceci correspond à un apport d'environ 10 g/j d'acide linoléïque (oméga 6) et un apport de 2,5 g/j d'acide alpha-linolénique (oméga 3). En ce qui concerne les acides gras poly-insaturés à longue chaîne (AGPI-LC), les apports conseillés sont de 250 mg de DHA (acide docosahexaénoïque) et de 250 mg d’EPA (acide eicosapentaénoïque). 

 

Le vieillissement s'accompagne souvent d'une diminution de la sensation de soif,  de la concentration des urines, du pouvoir d'excrétion urinaire, et plus généralement de l'efficacité des mécanismes de régulation. Par ailleurs, certains médicaments diurétiques ou laxatifs peuvent engendrer des pertes en eau importantes. Le risque de déshydratation est donc plus important chez le sujet âgé et les apports conseillés en eau de cette population (1L à 1,5L d’eau par jour(3)) sont à surveiller. Le taux de mortalité peut atteindre 50 % en cas de déshydratation, si le traitement n'est pas adéquat, d'où l'importance de veiller à augmenter les apports en eau des personnes âgées en cas de grosse chaleur ou de fièvre. 

 

Les besoins en calcium sont également augmentés avec l'âge : à partir de 55 ans pour les femmes et de 65 ans pour les hommes, les ANC en calcium s'élèvent à 1 200 mg/j (33 % par rapport à l'adulte jeune)(4). Chez ces personnes, le calcium ingéré agit principalement par une diminution de la résorption osseuse. 

 

La vitamine D étant le principal facteur responsable de l'homéostasie calcique,  un apport correct de calcium n'est pas suffisant : encore faut-il qu'il soit correctement absorbé et utilisé. Les ANC pour la vitamine D sont ainsi majorés pour le sujet âgé de plus de 75 ans, passant de 5 µg/j (200 UI/j) à 10-15 µg/j (400-600 UI /j).

 

Concernant les vitamines hydrosolubles, certains ANC ont aussi été revus à la hausse chez les seniors.
Les ANC de la vitamine B6, qui joue un rôle dans la régulation de la réponse immunitaire, ont été majorés de 20 % pour les personnes âgées de plus de 75 ans (2,2 mg/j). 

 

De même, les folates jouant un rôle majeur dans les systèmes à multiplication rapide  (globules rouges, cellules de l'immunité, entérocytes) et dans la prévention de l'hyperhomocystéinémie, il a été jugé bon de porter les ANC à 330 µg/j chez les sujets âgés (21 % par rapport à l'adulte).

 

La vitamine K, qui intervient comme cofacteur métabolique et dans la coagulation, doit être apportée à hauteur de 70 µg/j (contre 45 µg/j pour les adultes). De même, la vitamine E, important antioxydant, doit être apportée à hauteur de 20 à 50 mg/j (contre 12 mg/j à l’âge adulte).

 

Regarder le témoignage du Dr. Serog sur ce sujet

 

Sources :

 

(1) EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA). Scientific Opinion on Dietary Reference Values for energy. European Food Safety Authority (EFSA), 2013

(2) EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA). Scientific Opinion on Dietary Reference Values for protein. European Food Safety Authority (EFSA), 2015

(3) Le Guide Nutrition après 55 ans. Programme Nationale Nutrition Santé 2006

(4) Apports Nutritionnels Conseillés. ANSES 2015

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